Compte rendu de la conférence  » changement climatique et agriculture » du 8 mars 2016

 

Encore une belle conférence, qui nous a permis d’échanger avec de nombreux acteurs locaux.

VM-Barjols 8-3-16

photo conf Barjols

Conférence et débat :

 

Le changement climatique et ses conséquences en région PACA et plus particulièrement dans le département du Var

 

Quels impacts sur l’agriculture ?

 

Présentation des « outils juridiques » pour la protection de l’environnement

Barjols, le 8 mars 2016

I)- Ouverture

 

  • Monsieur Daniel Nironi, Maire de Barjols:

– Ouvre la séance en posant une question de réflexion « que faire de 700 ha de terres agricoles lorsqu’on n’a pas d’agriculteurs ? »

– Est excusé pour la suite de la conférence.

  • Monsieur Bernard de Boisgelin, Président de la Communauté de communes Provence Verdon:

– Précise que la Communauté de communes s’intéresse depuis longtemps à l’agriculture en agissant sur plusieurs axes :

  • assistance pour la transmission des exploitations
  • aide à l’installation des jeunes agriculteurs
  • projet d’extension du réseau et du canal de Provence pour l’irrigation des exploitations

– De plus, il rappelle qu’un plan climat-air-énergie territorial (PCAET) doit être établi pour l’ensemble du territoire avant la fin de l’année 2018. Ce document propose une approche territoriale intégrée qui a pour objet la diminution des émissions de gaz à effet de serre (GES) et des polluants atmosphériques et une adaptation au changement climatique.

  • Monsieur Pierre Arnoult, Président de l’ASPN:

– Présentation du programme et remerciements.

  • Monsieur Jean-Pierre Veran, Président de l’Association des maires du Var:

– Excusé pour le début de la conférence.

 

         II)- Le changement climatique et ses conséquences en région PACA et plus particulièrement dans le département du Var

 

  • Groupe régional d’experts sur le climat en PACA (GREC-PACA), Marie Lootvoet d’Air Climat:

 

Présentation du GREC

 

– Groupe qui rassemble les efforts de recherches sur le changement climatique (impacts, causes etc.), transmet les résultats aux acteurs du territoire pour faire en sorte que les enjeux climatiques soient mieux pris en compte.

– Publications de cahiers avant la fin de l’année sur différentes thématiques (agriculture/forêt, air, eau etc.)

– Il est important de préciser que toutes les données exploitées proviennent du site Météo France. Possibilité de consulter ces données sur le site ClimatHD, plus accessible pour les personnes qui ne sont pas des climatologues.

Constat : Le climat change

  • Les températures

– Illustration des évolutions d’anomalies de températures, ex : Le Cannet des Maures +1,1°C en 2014. Sur la période 1960-2010, l’augmentation de température varie selon les saisons et la localisation, d’où l’importance de travailler à une échelle régionale voire locale pour s’adapter aux caractéristiques du territoire.

 

  • Les précipitations

 

– Précisions relatives aux épisodes de pluies violents survenus en PACA : au regard des 30 dernières années (échelle minimum pour pouvoir interpréter correctement les évolutions), on ne constate pas une hausse importante des précipitations. Finalement, l’augmentation du nombre de sinistres serait dû aux conséquences directes des actions de l’homme sur le territoire (imperméabilisation des sols, bétonisation intensive des littoraux etc.)

– Pèse actuellement une incertitude quant à l’évolution des précipitations. Plusieurs études scientifiques révèlent des résultats contradictoires : Météo France prévoit une diminution de la quantité de pluie annuelle et du nombre de jours de fortes pluies tandis que l’étude réalisée par l’Institut Pierre Laplace (ISPL) prévoit une augmentation de la quantité de pluie.

Pour autant, ces deux modèles sont d’accord sur le fait que l’on tend vers une diminution des pluies estivales sur la Région. Ceci combiné à la hausse des températures, les phénomènes de sécheresse vont se faire plus fréquents.

 

  • Les vagues de chaleur

– On constate une augmentation de ce type d’événement qui est déjà deux fois plus fréquent que dans les années 80.

 

  • Les vagues de sécheresse

– Depuis les années 90, on constate une augmentation du nombre de surfaces exposées au phénomène de sécheresse.

Quel avenir ?

– Poursuite du réchauffement climatique à prévoir jusqu’en 2050.

– Le groupe d’experts intergouvernemental sur le climat (GIEC) met en avant plusieurs scénarios qui dépendent des émissions de GES :

  • « le laisser faire », tendance actuelle qui correspond à une absence totale de mobilisation pour tenter de réguler ce phénomène mais cette situation peut encore être évitée si l’on prend de réelles mesures
  • « le sobre » qui correspond à une mobilisation des Etats à ce jour

 

– Pour la région PACA, illustration de l’évolution du climat avec la ville d’Aix-en-Provence qui pourrait atteindre des étés à + 4°C pour le scénario intermédiaire et à +6°C pour le scénario le plus pessimiste d’ici la fin du XXIème siècle. A titre de comparaison, l’été caniculaire de 2003 relevait un écart de température de +3,5°C pour la même ville.

 

Les causes du changement climatique

– Elles sont connues de tous : combustion, consommation, logement relativement énergivore de part le chauffage et la climatisation qui ne peut pas être considérée comme étant une solution à ce problème puisqu’elle contribue aux émissions de GES.

– La PACA est par ailleurs une région fortement émettrice des GES, 3ème sur le rang national. Les principaux secteurs émetteurs sont le transport, l’industrie et le traitement des déchets mais aussi l’agriculture même si elle est moins impactante du fait des modèles agricoles développés sur le territoire

 

III)- Quels sont les impacts sur l’agriculture ?

 

  • Impact sur l’agriculture, Monsieur Bertuzzi directeur d’AgroClim à l’INRA:

 

Les évolutions depuis 1980

– Plafonnement des rendements en France qui s’explique par le changement climatique, les conditions de semis, les phénomènes de canicule et de sécheresse alors que le progrès génétique continue dans ce domaine. Tout ceci confirme que le changement climatique est à l’origine de ce phénomène de plafonnement.

 

Les conséquences sur la flore

– Les plantes pérennes : le débourrement avance et la sénescence retarde

– Les arbres fruitiers : la floraison avance, exemple du pommier golden pour lequel on a constaté une diversité des réponses phénologiques en fonction de sa localisation : avancée de floraison pour le pommier d’Angers tandis qu’elles sont de plus en plus tardives pour le pommier de Nîmes

– Les vignes : tous les stades de la vigne avancent (débourrement, floraison, véraison). Comme les besoins en froid sont globalement faibles pour cette culture, la levée de dormance a toujours lieu. On constate cependant une avancée de la date de récolte de 30 jours en 50 ans à Chateauneuf-du-Pape. D’autres changements sont constatés tels que l’augmentation du taux de sucre et une diminution de l’acidité ce qui pose des problèmes de vinification.

– Les forets : elles ont une durée de vie de 50 ans et n’ont pas besoin d’irrigation. Pourtant, on constate des phénomènes de dépérissement et de fragilisation des arbres, notamment à cause du vent.

– Les maladies et ravageurs : cas du processionnaire du pin qui s’étend sur une grande majorité du territoire national. On peut prédire une diminution des maladies fongiques à cause du temps plus chaud mais il pèse une grande incertitude quant aux autres maladies.

 

Les pistes d’adaptation

 

Quelles sont les pistes d’adaptation face à ces impacts sur les cycles de l’agriculture qui devient plus sèche et donc plus risquée ?

 

L’agriculture doit faire face à trois contraintes majeures :

  • s’adapter à une tendance de fond
  • réduire la vulnérabilité à la variabilité inter-annuelle probablement croissante
  • résister à des événements extrêmes croissants (stress hydrique, stress thermique, fortes pluies, etc.)

 

A côté de cela, le progrès scientifique continue dans le domaine de l’amélioration du phénotypage et du génotypage pour les cultures annuelles.

 

Ainsi les agriculteurs doivent adapter leurs pratiques :

  • changement de variétés de plus en plus tardives qui sont semées plus tôt
  • transformation des systèmes de production, exemple des cultures de sorgho à la place du maïs, notamment dans le Sud-Ouest, qui est une céréale qui a besoin de très peu d’eau (40 % en moins que le maïs)

 

On constate également un déplacement géographique des cultures. En effet, au fil des ans, le Nord de la France est de plus en plus adapté aux cultures de maïs ainsi on va constater un transfert des systèmes de production vers le Nord.

 

Les pistes d’atténuation

  • favoriser le stockage de carbone dans les sols par les forêts, les techniques agricoles telles que l’agroforesterie (explication du plan 4 pour 1000, programme de recherche international sur la séquestration du carbone dans les sols : une augmentation relative de 4 pour 1000 par an des stocks de matière organique des sols suffirait à compenser l’ensemble des émissions de GES de la planète
  • réduire l’impact des fertilisants minéraux azotés
  • modifier les rations des animaux pour limites les émissions GES
  • modifier la production d’énergie (agrocarburant, biogaz etc.)

 

Marie Lootvoet tient à préciser qu’au-delà de +2°C, il y a une incertitude sur les impacts du changement climatique.

 

L’ASPN-PACA remercie vivement Manon PENICAUD pour la rédaction de ce compte rendu.

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