L’ASPN-PACA visite la centrale biomasse INOVA de BRIGNOLES – ZAC de Nicopolis.

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Après 8 mois de production, il était important de faire le point sur le fonctionnement et l’approvisionnement de cette centrale thermique « biomasse » de production d’électricité, centrale tant attendue comme tant décriée lors de la présentation du projet et des différentes études dont le plan d’approvisionnement.
À la demande de l’ASPN-PACA, ce mardi 13 septembre, M. Savanier, Président d’INOVA-Var-Biomasse (http://inova-var-biomasse.fr), nous a très aimablement reçus, a expliqué le processus de fonctionnement de la centrale, le contexte particulier de la ressource bois dans le Var, et ensuite, a présenté l’unité de production. Nous l’en remercions.

Une synthèse de cette rencontre:

  • Pour la production d’électricité à partir de l’énergie « bois », les arbres sont déchiquetés et broyés en plaquettes, sur place, puis brûlés dans la chaudière à haute température (env. 1000°C)  ce qui limite les rejets à de la vapeur d’eau et du CO², très peu de poussière et d’oxyde d’azote (NOx) … grâce à une recirculation des gaz imbrûlés. Une combustion complète est ainsi obtenue et donne des rendements de combustion supérieurs à 95%.
    La consommation d’eau est limitée du fait du fonctionnement de la production de vapeur en circuit fermé. 20 000m3/an d’eau sont néanmoins utilisés pour l’ensemble des services. INOVA n’ayant pas obtenu d’autorisation de pompage dans la nappe pour raison de risques de pollution (usine ICPE), cette eau provient du réseau d’eau potable.
  • Puissance de 22 MW, production annuelle de 168 000 MWh (soit près de 60 000 foyers), raccordée directement au réseau EDF via la ligne haute tension RTE.  C’est le marché qu’INOVA doit respecter envers EDF afin de sécuriser la fragilité du réseau PACA.
  • 180 000 tonnes de bois résineux (pins) ; 25 camions/jour toute l’année. Le bilan CO², en brûlant du bois à température élevée, est considéré comme nul sachant que le bois absorbe cette même quantité pour sa croissance. Ensuite, il est vrai qu’il faut tenir compte de la production de CO² du transport, de la transformation du bois, …

 

 

  • Environ 500 000 MWh d’énergie bois pour une production de 168 000 MWh d’électricité, ce qui fait un rendement d’environ 30%.
    Ce rendement pourrait … devrait même être amélioré par l’utilisation de la chaleur résiduelle utilisée aux fins d’activités industrielles ou de chauffage de lotissements d’habitations ou d’autres locaux ou …, afin d’atteindre des rendements supérieurs à 65%.
  • Une vingtaine d’emplois directs et environ 150 emplois indirects (secteur de la sylviculture et logistique d’approvisionnement).
  1. Savanier a insisté sur la volonté d’INOVA d’avoir une gestion vertueuse sur l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement de façon à respecter les engagements mais aussi afin de respecter le territoire et son environnement. Il mit l’accent sur son souci de respecter la biodiversité à travers les zones Natura 2000, les ZNIEFF et autres trames vertes et bleues.
    Les incitations de la part des propriétaires forestiers et de leurs différentes instances sont et seront bienvenues chez INOVA.

 

L’objectif de cette visite était d’informer de visu le citoyen curieux et le militant opposé au projet et d’en tirer des conclusions, ce que je me propose d’engager.

En tant que responsable d’une association de sauvegarde du patrimoine naturel, j’étais opposé à ce projet, mais pour un projet moitié mois grand, pour permettre d’amorcer une filière de gestion de la forêt dans notre département. Cette gestion, organisée, n’existe toujours pas malgré les actions menées par différents acteurs concernés : les fournisseurs de bois de chauffage aux particuliers, aux collectivités (il y en a quelques unes ?) les fabricants de granulés, les viticulteurs qui défrichent (parfois sans autorisations) pour le dieu du rosé, avec maintenant la réalité Inova, la réalité EON et la toujours présente papeterie de Tarascon.  Vers où allons-nous ???

Le changement climatique,( ce n’est pas un scoop) et ses conséquences, de plus en plus visibles sur notre territoire, font que nous devons être vigilants par rapport à toutes ces actions par rapport à nos comportements de consommateurs : cette production locale d’électricité est devenue « indispensable » pour pallier le manque de production REGIONALE due à la demande toujours plus importante d’une population, nouvelle, exigeante,  peu respectueuse de la nature et ignorante de ses capacités. La gestion vertueuse de l’approvisionnement, que tient à assurer Inova, est tributaire d’abord du morcellement des surfaces de forêt privée, de l’absence d’une connaissance « globale » des forêts (rôle régulateur de pollutions, réserve d’eau, biodiversité, bien être, stockage  CO², …) due à

 

l’égoïsme du « petit » propriétaire, qui ne connait pas (mais alors pas du tout) la richesse de ces espaces, alors qu’en général il ne  s’en est jamais préoccupé ! Il se réveille lors de demande du genre « biomasse » ou lors d’incendie comme nous l’avons vu récemment sur le territoire des communes de Correns et de Montfort, en espérant avoir des aides financières.

Il me semble que nous avons un devoir d’éducation auprès des petits propriétaires et de vigilance auprès des producteurs d’énergie aussi vertueux soient-ils et qui semblent  l’être. Le problème d’approvisionnement est un vrai problème qui à mon avis n’est pas résolu et qui à besoin d’être pris en considération, parce que nous parlons de la gestion des terres agricoles, du climat, de l’avenir de la production (pas seulement d’électricité) maraîchère, avicole, ovine (pastoralisme), enfin d’avoir une possibilité d’autonomie territoriale, actuellement nous sommes sur un flux tendu encore possible, mais dans 20 ans ? Et la forêt varoise dans le périmètre des 100kM après l’extraction de 20 x 140 000 t =   2 800 000 tonnes de bois, dans les 30% de son accessibilité,  dans quel état sera-t elle ? Avec les « xylophages » présents et à venir ?

Le fonctionnement de la centrale ne pose pas de problème dans les connaissances que nous en avons aujourd’hui. Nous devrons être vigilants, dans les temps à venir, de contrôler les données de mesure de pollution de l’air, de la consommation d’eau et de la matière première utilisée.

Cette situation résulte d’un manque de courage politique à mettre en œuvre la transition énergétique. Dans une région comme la nôtre il est aberrant de constater le manque de responsabilité de nos élus régionaux, départementaux (ex généraux) de collectivités et des conseils municipaux timorés et inaptes à évaluer l’avenir de leurs administrés et à anticiper ces opportunités en privilégiant les habitats vertueux et la production locale d’énergie.

Rédigé par Pierre Arnoult,  avec les corrections de Magda et de  Christian, merci à eux.

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2 réflexions sur “ L’ASPN-PACA visite la centrale biomasse INOVA de BRIGNOLES – ZAC de Nicopolis.

  1. Bonjour,

    Sur le sujet de la gestion des forêts méditerranéennes un livre intéressant « Les méthodes Jean Pain ou un autre jardin » de 1972. Une gestion raisonnée de la forêt y était déjà décrite (gestion des incendies, production d’humus, production de « gaz de broussaille »…). Dans cet essai, la forêt est ici exploité pour limiter les incendies et du coup produire de l’humus. Le déchet de cette manipulation pouvant servir notamment d’énergie (gaz).
    La production d’énergie directement par une filière de biomasse est peut-être une solution pour répondre rapidement à un pic (comparable au pétrole et charbon). En revanche il est illusoire de les multiplier. En outre brûler du carbone organique pendant que les sols européens en perdent excessivement n’est pas une solution sur le long terme.

    Remarque: Pour écrire la formule du gaz carbonique le « 2 » est en indice et non en exposant. (J’ai cependant cherché le raccourci clavier pour cette opération mais je ne l’ai pas trouvé pour ce blog. Au pire écrire plutôt « CO2 »).

    Remarque 2: cette centrale d’énergie peut-elle accueillir ou a-t-elle déjà des panneaux photovoltaïques sur son toit (pas forcement sur l’usine mais sur une annexe, le bâtiment administratif…). Pour un bâtiment aussi neuf, qui produit de l’énergie en région PACA c’est la moindre des choses!

    Cordialement
    Laurent REYNAUD

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    • Merci pour ces remarques. Nous n’avons pas vu de capteurs solaire sur le site.La centrale produisant de l’électricité on peut penser qu’elle l’utilise directement pour ses annexes. Elle produit 24h/24.Mais la question sera posée.

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