Communiqué pour l’arrêt des rejets des effluents liquides chimiques et toxiques de la société alteo dans les eaux du parc national des calanques

L’Association pour la Sauvegarde du Patrimoine Naturel de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur entend dénoncer la décision que serait susceptible d’adopter le Gouvernement en faveur du maintien de l’autorisation de rejet des effluents toxiques au large du Parc National des Calanques accordé à la Société Alteo ( pour un résumé de l’affaire, voir ici). 

Le maintien de cette autorisation serait en totale opposition avec l’avis de la population exprimé lors de l’enquête publique, porterait une atteinte grave et irréversible à la biodiversité et à l’avenir de notre région.

L’accueil de la COP21 en France doit avoir un sens. Préserver les intérêts financiers de quelques uns au détriment des valeurs défendues lors de cette grande conférence ne ferait que jeter l’opprobre sur notre Pays alors qu’il revient à la France de montrer l’exemple dans la protection de la biodiversité.

Aujourd’hui, il est du devoir de nos institutions de protéger notre santé, notre réservoir alimentaire, mais aussi l’économie touristique et résidentielle liée à la qualité de nos eaux et de nos ressources marines.

En 1993, la société Péchiney ( Alteo) s’était engagée à régler le problème dans les cinq années. Or, aujourd’hui, nous constatons que le problème n’est pas résolu et que la France va lui octroyer le permis de continuer à polluer le Parc National des Calanques.

Nous réclamons  une prise de position claire de la part des élus nationaux sur l’engagement de leur responsabilité aujourd’hui et dans les années à venir;

Nous demandons au Gouvernement de se conformer aux objectifs de la COP21 en adressant aux acteurs économiques et financiers des signaux clairs pour la réorientation de leurs investissements afin d’engager la transition vers des énergies bas carbone et respectueuses de l’environnement;

Nous souhaitons que l’industriel Alteo se conforme à la législation internationale, à la convention de Barcelone et au protocole d’Athènes-Syracuse qui interdisent le rejet en mer de polluants ne respectant pas les normes adoptées, à la charte du Parc National des Calanques, dont l’objectif est de préserver les écosystèmes et la biodiversité marine, ainsi qu’aux exigences des Directives Cadre sur l’Eau (DCE, transcrite dans le SDAGE Rhône Méditerranée) et sur la stratégie pour le milieu marin;

Nous appelons la Ministre de l’Ecologie, du développement durable et de l’énergie à saisir le Conseil d’Etat afin qu’il se prononce sur l’atteinte au droit public maritime.

Nous dénonçons:

  • Une augmentation prévisible des effets nocifs, liée au passage des effluents de l’état solide à un état liquide chargé de métaux lourds et métalloïde (mercure, plomb, arsenic, aluminium, uranium etc…) non biodégradables, qui se cumulent au fil du temps. L’eau polluée plus légère que l’eau de mer remontera vers la surface et le phénomène naturel d’«upwelling» accentuera cette remontée, lorsque le mistral souffle, confinant la pollution vers le littoral et les plages;
  •  L’impact désastreux sur la faune et la flore  marines de cette pollution et des problèmes liés aux questions de santé publique (pollution des plages par les métaux lourds et la concentration des polluants le long de la chaîne alimentaire );
     
  • La dangerosité de la vétusté de la canalisation qui déverse les rejets en mer, et le risque écologique et sanitaire majeur lié à une rupture probable de la canalisation ou/et d’un effondrement du plateau continental en zone sismique;
  • L’immense perte économique que subira la région PACA du fait de l’impact important de la pollution à métaux lourds sur les métiers de la pêche, la consommation des produits de la mer et sur l’économie touristique et résidentielle des villes du littoral, qui repose sur la qualité de leur environnement;
  • La mauvaise utilisation de l’aide publique attribuée depuis plus de 20 ans à l’industriel, sa volonté de manipuler les études d’impact et de désinformer l’opinion publique en se servant du chantage à l’emploi;

 

Il est acquis que des solutions  pour  dépolluer ces  rejets existent. Elles permettent, notamment,   la récupération des métaux lourds et le recyclage de l’eau actuellement gaspillée avec un débit gigantesque de 270m3 par heure.

Sur ces fondements, nous demandons à Madame la Ministre de l’Ecologie, du développement durable et de l’Energie :

la saisine du Conseil d’État
l’ouverture d’une table de négociation ministère, associations, ALTEO
afin de 
contraindre l’industriel au respect des réglementations en vigueur,
avec la mise en place de techniques d’épuration totale et le recyclage effectif des eaux rejetées,
l’apport de compensations financières aux acteurs victimes de préjudices importants

la surveillance des fonds pollués
 une approche sociale et humaine vis-à-vis des salariés de l’entreprise.

Pour rejoindre les signataires du manifeste, cliquer ici.

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